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10 plantes sauvages à reconnaître sur le chemin de Compostelle entre Le Puy-en-Velay et Saugues

il y a 3 heures
5 min de lecture

Entre Le Puy-en-Velay et Saugues, le chemin de Saint-Jacques ne traverse pas seulement des villages, des plateaux et des vallées : il longe aussi un véritable herbier vivant. À condition de ralentir un peu le pas, les talus, les lisières, les prairies et les bords d’eau révèlent une flore d’une grande richesse.


Sur le GR65, apprendre à reconnaître quelques plantes transforme la marche : une montée devient une succession de parfums, une haie prend un nom, une prairie raconte une saison. À L’Arche de Gabriel, les plantes sauvages font partie de notre quotidien de cueilleurs ; voici dix compagnes que vous pourrez rencontrer entre Le Puy-en-Velay, Monistrol-d’Allier, Roziers et Saugues, selon la saison et les milieux traversés.


Marcher, c’est aussi apprendre à regarder ce qui pousse au bord du chemin.


Reine-des-prés Filipendula ulmaria sur le chemin de Compostelle en Haute-Loire

1. Reine-des-prés — Filipendula ulmaria

À reconnaître sur le GR65. Grande plante des milieux humides, elle se reconnaît à ses bouquets de petites fleurs blanc crème et à son parfum puissant, presque miellé. Elle accompagne volontiers les fossés, prairies fraîches et bords de cours d’eau ; on la remarque surtout en été.

En herboristerie européenne, la reine-des-prés est surtout associée aux douleurs légères et aux états de refroidissement. Son histoire est aussi liée aux composés salicylés, ce qui en fait une plante importante dans l’histoire des remèdes végétaux. Sur le chemin, elle reste avant tout la grande élégante des prairies humides.


2. Millepertuis perforé — Hypericum perforatum

À reconnaître sur le GR65. Ses fleurs jaunes ponctuent les talus et les prairies ensoleillées. En plaçant une feuille face à la lumière, on distingue de minuscules points translucides qui donnent l’impression qu’elle est perforée : c’est l’un de ses meilleurs signes de reconnaissance.

Millepertuis perforé Hypericum perforatum au bord du GR65 en Haute-Loire

Le millepertuis est surtout connu pour son usage dans les troubles légers de l’humeur et les périodes de baisse de moral. C’est aussi l’une des plantes qui demande le plus de prudence : elle peut interagir avec de nombreux médicaments, d’où l’intérêt de ne jamais banaliser son utilisation.


3. Sureau noir — Sambucus nigra

À reconnaître sur le GR65. Le sureau accompagne les haies, les vieux murs et les abords des fermes. Au printemps, ses larges corymbes de petites fleurs blanches sont très reconnaissables ; plus tard viennent les grappes de baies noires.

Sureau noir Sambucus nigra en fleurs près du chemin de Compostelle

La fleur de sureau est traditionnellement utilisée lors des premiers signes de refroidissement. Dans les campagnes, le sureau a longtemps été un véritable arbre de proximité : médicinal, nourricier et très présent autour des maisons et des haies.


4. Achillée millefeuille — Achillea millefolium

À reconnaître sur le GR65. Très commune dans les prairies, elle porte de petites fleurs blanches ou rosées. Ses feuilles extrêmement découpées sont un bon indice pour la reconnaître et expliquent son nom de « millefeuille ».

Achillée millefeuille Achillea millefolium dans une prairie de Haute-Loire près du GR65

L’achillée est surtout réputée pour les petits troubles digestifs, les ballonnements et le manque d’appétit ; son usage traditionnel concerne aussi les petites douleurs menstruelles et les plaies superficielles. Son nom latin, Achillea, rappelle la légende d’Achille et lui donne cette belle place entre botanique et mythologie.


5. Serpolet — Thymus serpyllum

À reconnaître sur le GR65. Petit thym sauvage rampant, le serpolet aime les sols secs, ensoleillés et pierreux. Ses fleurs roses ou mauves forment de petits coussins fleuris. Par temps chaud, il suffit parfois de frôler la plante pour que son parfum accompagne quelques mètres de marche.

Serpolet Thymus serpyllum en fleurs sur un milieu sec près du GR65 en Haute-Loire

Le serpolet a une longue tradition dans les affections respiratoires bénignes, notamment pour la toux et l’encombrement des voies aériennes supérieures. On lui prête aussi un intérêt digestif. Au bord du GR65, son parfum suffit souvent à le rendre inoubliable avant même d’en connaître le nom.


6. Églantier sauvage — Rosa canina

À reconnaître sur le GR65. L’églantier borde de nombreuses haies et lisières. Ses fleurs roses ou blanches apparaissent au printemps, avant les cynorhodons rouges qui colorent les branches à la fin de l’été et en automne.

Églantier sauvage Rosa canina et cynorhodon sur le chemin de Saint-Jacques en Haute-Loire

Le cynorhodon est surtout connu comme un fruit très riche en vitamine C, longtemps apprécié dans les préparations d’hiver. Son intérêt est autant alimentaire que traditionnel : dans les haies du Massif central, il a représenté une ressource simple, locale et disponible à la mauvaise saison.


7. Épilobe en épi — Chamaenerion angustifolium

À reconnaître sur le GR65. Ses hautes hampes couvertes de fleurs roses se remarquent de loin. L’épilobe apprécie les clairières, les talus et les espaces ouverts, qu’il colonise parfois en grandes nappes colorées.

Épilobe en épi Chamaenerion angustifolium sur un talus du chemin de Compostelle en Haute-Loire

Dans la phytothérapie européenne, les épilobes sont surtout associés au confort urinaire masculin, notamment lorsque surviennent certains troubles liés à la prostate. C’est un usage traditionnel qui doit rester encadré, car tout symptôme urinaire persistant mérite un avis médical.


8. Molène bouillon-blanc — Verbascum thapsus

À reconnaître sur le GR65. Avec ses grandes feuilles duveteuses et sa haute tige florale jaune, la molène est spectaculaire. Elle affectionne les terrains secs, les remblais et les sols pierreux. Sa silhouette se détache souvent nettement dans le paysage.

Molène bouillon-blanc Verbascum thapsus en bord de chemin sur le GR65

Les fleurs de molène sont surtout connues pour leur usage traditionnel en cas de toux sèche, d’irritation de la gorge et de refroidissement. Sa haute hampe jaune la rend facile à repérer, mais ce sont surtout ses fleurs, bien plus que ses grandes feuilles veloutées, qui ont été retenues dans l’herboristerie européenne.


9. Menthe sylvestre — Mentha longifolia

À reconnaître sur le GR65. Cette menthe sauvage préfère les endroits frais et humides : fossés, ruisseaux et prairies humides. Ses feuilles longues, sa tige carrée typique de nombreuses Lamiacées et son parfum aromatique sont de bons repères.

Menthe sylvestre Mentha longifolia en zone humide près du chemin de Compostelle

La menthe sylvestre est surtout associée aux usages digestifs : sensation de lourdeur, spasmes légers et ballonnements. Elle reste toutefois moins standardisée que la menthe poivrée en phytothérapie, ce qui en fait ici davantage une plante à reconnaître et à sentir qu’une plante à utiliser soi-même.


10. Angélique sylvestre — Angelica sylvestris

À reconnaître sur le GR65. Grande plante des milieux frais, l’angélique sylvestre porte de larges ombelles composées de nombreuses petites fleurs. On la rencontre dans les prairies humides, les fossés et certaines lisières fraîches. Sa présence est bien documentée dans le secteur de Monistrol-d’Allier, Saint-Privat-d’Allier et Saugues.

Angélique sylvestre Angelica sylvestris en Haute-Loire entre Monistrol-d’Allier et Saugues

L’angélique sylvestre n’a pas le même statut médicinal que sa cousine, l’angélique officinale. Plutôt que de lui prêter les propriétés de cette dernière, on préfère retenir ici son intérêt écologique : ses grandes ombelles nourrissent de nombreux insectes et témoignent de la richesse des zones humides traversées par le chemin.



Le chemin comme un herbier vivant

À force de marcher, le regard change. Une fleur aperçue la veille devient familière, une haie cesse d’être seulement une haie, et le chemin se peuple peu à peu de noms, de parfums et de formes. Entre Le Puy-en-Velay et Saugues, le GR65 traverse des paysages où les usages anciens du végétal restent encore lisibles pour qui prend le temps de regarder.


C’est aussi ce que nous aimons partager à L’Arche de Gabriel, au lieu-dit Roziers, entre Monistrol-d’Allier et Saugues : accueillir les marcheurs autour d’une grande table, bien sûr, mais aussi transmettre cette curiosité du vivant qui accompagne chaque saison. Si une plante vous intrigue pendant votre étape, gardez-la dans l’œil plutôt que dans la poche : une photo suffit souvent à ouvrir une belle conversation.


Prudence : les usages évoqués ici relèvent de traditions botaniques et ne constituent pas un conseil médical. Une identification sur photo ne suffit jamais pour consommer une plante sauvage ; en cas de doute, le plus beau geste reste de l’observer et de la laisser pousser.


Crédits photos

Sources et licences des photographies. Image de couverture recadrée pour l’affichage.

Reine-des-prés : H. Zell, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons · Millepertuis : Humoyun Mehridinov, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

Sureau noir : Willow, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons · Achillée millefeuille : Florian Fournier, Cerema NP, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

Serpolet : Borealis55, domaine public, Wikimedia Commons · Églantier : Aiwok, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons

Épilobe en épi : Nozhnici, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons · Molène bouillon-blanc : Wisi_eu, CC0 1.0, Wikimedia Commons

Menthe sylvestre : Axdae, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons · Angélique sylvestre : Christian Fischer, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons

 
 
 

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